L’insurrection qui vient

Comité Invisible

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque «société». Il y a une branche de la science économique – l’«économie non autistique» – qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue «science économique». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de «problèmes» susceptibles d’une «solution» ou, à défaut, d’une «gestion». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face.
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A nos amis

Comité invisible

A ceux pour qui la fin d’une civilisation n’est pas la fin du monde ; A ceux qui voient l’insurrection comme une brèche, d’abord, dans le règne organisé de la bêtise, du mensonge et de la confusion ; A ceux qui devinent, derrière l’épais brouillard de « la crise », un théâtre d’opérations, des manoeuvres, des stratégies, et donc la possibilité d’une contre-attaque ; A ceux qui portent des coups ; A ceux qui guettent le moment propice ; A ceux qui cherchent des complices ; A ceux qui désertent ; A ceux qui tiennent bon ; A ceux qui s’organisent ; A ceux qui veulent construire une force révolutionnaire, révolutionnaire parce que sensible… Cette modeste contribution à l’intelligence de ce temps.

Edition : La Fabrique
Date de parution : 2014

Prix € : 10,00

EAN 13 : 9782358720625

Dieu et l’État

Mikhail Bakounine

Bakounine a un avantage : il n’a jamais été canonisé. Pourtant, sa vie et son œuvre sont indissociables du mouvement révolutionnaire européen. Premier grand théoricien du courant anti-autoritaire, son intransigeance lui valut l’inimitié de Marx et de ses épigones.
Dieu et l’État représente une excellente synthèse de la pensée de Bakounine. Le temps est peut-être venu de lire ou de relire ce « penseur agissant ».

Edition : Mille et une nuits
Date de parution : 1997

Prix € : 3,00

EAN 13 : 9782842050740

La morale anarchiste

Pierre Kropotkine

Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire : ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d’une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par « le prêtre, le juge, le gouvernant ».
Avec La Morale anarchiste (1889), livre virulent et raisonné, il montre que seul l’instinct d’entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire.

Edition : Mille et une nuits
Date de parution : 2004

Prix € : 2,60

EAN 13 : 9782842058371

Les hors la loi de l’Atlantique

Marcus Rediker

Marcus Rediker est le grand historien des hors-la-loi de l’Atlantique.

Il explore ici le monde fascinant de l’aventure maritime du point de vue des pirates, flibustiers, travailleurs forcés en révolte, esclaves marrons, fuyards et autres mutins, qui ont défié l’autorité depuis le pont inférieur des navires.

Il nous fait entrer dans leur univers de récits et de contes de marins, retrouver la signification de leurs tatouages, comprendre les formes d’organisation égalitaire au sein de la piraterie et les rebellions de différentes catégories de travailleurs de la mer asservis – européens et africains – de ces « équipages bigarrés », pénétrés d’esprit révolutionnaire et défendant leur liberté par le feu et par les armes.

Il montre à quel point, entre le XVIIe et début du XIXe siècle, ces hommes ont façonné l’histoire du monde contemporain – trop longtemps focalisée sur le national, le rôle des élites politiques et l’histoire « terrestre ».

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélien Blanchard.

Marcus Rediker est professeur d’histoire atlantique à l’université de Pittsburg. Historien, écrivain et militant des droits de l’homme, il est spécialiste de l’histoire maritime et notamment de l’Atlantique. Il a publié neuf livres, parmi lesquels À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite (Seuil, 2013, George Washington Book Prize) et Les Révoltés de l’Amistad. Une odyssée atlantique (Seuil, 2015).

Edition : Le Seuil
Date de parution : 2017

Prix € : 22,50

EAN 13 : 9782021279412

Qu’est-ce que la propriété ?

Pierre-Joseph Proudhon

Ce texte, publié en 1840, rendit célèbre Pierre-Joseph Proudhon grâce à une impérissable formule : « La propriété, c’est le vol. » Pour Proudhon, le capitalisme est l’apothéose d’une extorsion invisible.
Le rassemblement productif des travailleurs dégage une force collective supérieure à la somme des forces de ces travailleurs pris isolément. Or la propriété privée des moyens de production autorise le capitaliste à rémunérer le travailleur sur la seule base individuelle de ce qu’il aurait produit s’il avait été placé hors de la force collective de production. Le propriétaire du capital empoche la différence ; ce surplus est le profit capitaliste, que Proudhon appelle l’aubaine.
Toute la question économique de la justice est de répartir cette plus-value sans accaparement ni spoliation. En notre temps de crise du capitalisme, est-il question plus urgente ?
La lecture du texte provocateur de Proudhon nous en prouve l’actualité. Saurons-nous y répondre mieux que lui ?

Edition : Le Livre de Poche
Date de parution : 2009

Prix € : 7,60

EAN 13 : 9782253082590

Pierre-Joseph Proudhon – L’anarchie sans le désordre

Thibault Isabel

Proudhon écrit :
« Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu…
Être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé.
C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. »
Voilà en toute urgence un homme à connaître…

Edition : Autrement
Date de parution : 2017

Prix € : 18,50

EAN 13 : 9782746745452